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L’habitat du hérisson

L’habitat originel

L’habitat originel du hérisson, un paysage agricole de polyculture-élevage, richement structuré de buissons, bosquets, ronciers, prairies riches et diversifiées ainsi que remblais variés, a été détruit en grande partie par l’agriculture moderne. Disparut également majoritairement les sous-bois, arbustes sauvages, caducifoliés, haies et herbes de toutes sortes qui poussent normalement en lisière de forêt. Dans ce paysage autrefois si diversifié le hérisson trouvait une pitance très variée sous forme d'invertébrés, de petits animaux et insectes ainsi que des cachettes pour ses nids diurnes et d’hibernation. De ces zones d’agriculture traditionnelle, autrefois très répandues,  ne subsistent que quelques îlots isolés, trop petits pour permettre la survie de beaucoup d’espèces. La mise en réseau de ces zones est urgente, mais échoue malheureusement souvent à cause de réflexions politiques et économiques.

L’habitat actuel

Des jardins stériles et fades

Les zones habitées pourraient être un environnement naturel et diversifié pour nos animaux sauvages et  l’être humain, mais elles sont trop souvent hostiles au développement de la vie.

Des buissons exotiques privent notre faune - papillons, scarabées, coléoptères, invertébrés et co. - de leurs moyens de subsistance. Au cours de l’évolution, animaux et plantes se sont adaptés les uns aux autres et sont devenus dépendants les uns des autres. Par exemple, une seule espèce d’oiseau se nourrit des fruits du thuya, alors que 60 espèces se nourrissent du sorbier des oiseleurs indigène. Écologiquement parlant les gazons décoratifs très répandus ont peu de valeur. Ils ne se composent que d’une sorte d’herbe et de ce fait n’offrent un environnement habitable qu’à quelques organismes. Une étude du ministère de l’environnement nous indique en chiffres les soins apportés à nos jardins d’agrément :
Sur les 20'000 hectares de gazon en Suisse (sans compter les aires de jeux ou de sports) sont dispersés 100 tonnes de désherbant et 10'000 tonnes d’engrais par an. Et tous ces soins impliquent 5 millions d’heures de pétarades de tondeuses.

Les possibilités qu’offrent les jardins publics, établissements scolaires et parcs de créer des espaces verts naturels ne sont que rarement exploitées. Le manque d’imagination et un besoin excessif d’ordre détruisent notre nature autochtone et permet aux plantes couvreuses de sol et étrangères de se répandre.

Le jardin accueillant pour le hérisson

Un jardin accueillant est naturel et richement structuré.  Ci-après nous vous en présentons quelques éléments importants :

Une haie de buissons, ronciers, caducifoliés et herbes indigènes

Une telle haie est essentielle dans un jardin hébergeant des hérissons. En Angleterre, on nomme le hérisson « hedgehog », ce qui veut dire cochon des buissons. L'idéal est de laisser un espace herbu d'à peu près 1 mètre de largeur tout le long de la haie, des plantes vivaces et des arbrisseaux que l'on ne tond que 3-4 fois l'année. C'est là, que le hérisson trouve sa nourriture préférée : des insectes, des chenilles, des invertébrés, des scarabées, des coléoptères, des milles pattes et toutes sortes d'araignées. Le centre de la haie lui offre la sécurité nécessaire pour construire ses nids diurnes ou même pour son nid d'hibernation. Une haie est également une frontière adéquate pour les hérissons. Elle fait fonction d'antibruit naturel et de protection, tout en étant suffisamment perméable pour que les hérissons vadrouilleurs puissent circuler. Seule une haie composée d'arbrisseaux et de buissons locaux est adéquate pour la faune locale : sureau, églantier, cornouiller et co lui offre un espace vital pour sa survie. Les plantes exotiques sont jolies en fleurs mais peu utiles aux abeilles et autres insectes.

Prairies champêtres et gazons

Les gazons bien entretenus ne conviennent pas au hérisson, car ils ne se composent que de 2 à 3 sortes d'herbes. Ils sont la proie d'une fertilisation intensive à l'engrais chimique et de traitements avec divers produits phytosanitaire. A cet endroit, la vie n'existe pour ainsi dire pas. Semer un près champêtre est tellement plus gratifiant. La multitude de fleurs et d'herbes attire toutes sortes d'insectes, d'invertébrés et de petits animaux, par exemple des papillons, des abeilles sauvages, des araignées ou des scarabées. Les oiseaux, hérissons et musaraignes trouvent ainsi une table bien garnie. Si l'on ne veut remplacer complètement son gazon par un pré champêtre, il est conseillé de moins le tondre. Coupler avec  le renoncement à l'engrais chimique et traitements pesticide et herbicide, la biodiversité du gazon augmente. Rapidement les premières fleurs apparaissent: pâquerettes, pissenlits, ..... qui attirent naturellement toutes sortes d'insectes et d'invertébrés.

Les enfants aiment les fleurs et les papillons! Quel différence entre un gazon artificiel stérile et une prairie en fleur pleine de vie. Nous voulons lire « Cueillir les fleurs autorisé » sur les pancartes et non, « Interdit de marcher sur le gazon ».

Compost

Le compost est un vrai pays de cocagne pour le hérisson. Mais n'oubliez pas de lui laisser la possibilité de se servir : ne pas utiliser de silo métallique à mailles trop serrées. Préférer le compostage en tas ou un bac en bois avec portillon pour hérisson.

Tas de branchages, de pierres et autres cachettes

Dans la plupart des jardins beaucoup de branches sont coupées annuellement, parfois même un arbre entier est abattu. Ce qui n'est pas utilisé comme bois de chauffage pourrait, par exemple, être entassé au fond du jardin, et par là même servir de matériau de construction au hérisson. En effet, branchage et feuillage sont la base de son nid. Ce qui pourrit tranquillement dans son coin, sert de nourriture aux insectes et vers de terre, qui servent à leur tour de subsistance aux hérissons. Il peut construire son nid diurne et même son nid d'hiver dans ce genre d'amas.  Un amoncellement de pierre ou un muret non consolidé, tout comme une haie non taillée se transforment en un petit monde en soi, où d'innombrables petits vertébrés, invertébrés  et insectes trouvent un abris, et enrichissent la pitance du hérisson.  Les amas de feuilles sèches et de plantes vivaces flétries servent de refuge à tous ces petits animaux pour l'hibernation. Au printemps, ils nous sont indispensable pour la lutte contre les parasites. Les ronciers ou toute sorte de cavités (sous les tas de bois, remises, escaliers etc...), sont des cachettes idéales pour les hérissons.

Point d'eau

Une petite mare peut profonde ou un abreuvoir pour oiseaux peuvent sauver le hérisson de la déshydratation pendant les étés très secs. Elle favorise en outre la biodiversité du jardin. Mais il faut impérativement éviter des parois trop inclinées et lisses qui sont des pièges mortels pour les petits animaux. Au cas, où le jardin serait trop petit pour une mare, un bac peu profond, assez large et solide que l'on remplit quotidiennement d'eau fraîche remplit la même fonction.